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La confiance en soi, l’estime de soi sont des concepts très à la mode. Mais que cachent-ils exactement ? En quoi diffèrent-ils ? Dans les médias, on tend à plus parler de confiance en soi que d’estime de soi. 

La confiance en soi est une des compétences personnelles de l’intelligence émotionnelle, compétences qui déterminent la façon dont nous nous comportons. David Goleman (*) détermine la confiance en soi comme le fait d’être sûr de sa valeur et de ses capacités. La confiance en soi est un moteur de l’action pour se mettre en mouvement et pour mettre en mouvement les autres ! Ainsi, Horace écrivait « Celui qui a confiance en lui mènera les autres ».

L’estime de soi, elle, est construite à partir de 4 composantes :

  • L’acceptation de soi - revient à intégrer ses qualités et défauts ce qui suppose une certaine prise de conscience et donc de la lucidité.
  • L’amour de soi – c’est s’aimer de façon inconditionnelle et donc la capacité à s’aimer tel qu’on est.
  • La vision de soi - c’est le regard que l’on porte sur soi, l’image de soi
  • La confiance en soi, c’est la capacité à penser qu'on est capable d'agir de façon appropriée ; elle confère un sentiment de sécurité intérieure qui permet d’entreprendre.

La confiance en soi vient alimenter l’estime de soi qui aura un impact sur l’affirmation de soi notamment dans des situations où l’on cherche à affirmer son désaccord ou ses idées. On parle alors d’assertivité.

Pour illustrer ces notions quelques peu abstraites, je vais parler du cas d’Irène, que j’ai rencontré dans un cadre professionnel. Irène, 46 ans, est responsable qualité dans une structure depuis 18 ans. Son groupe est en pleine restructuration et son établissement va fermer.  Elle doit chercher un nouveau poste ce qui la perturbe. En entretien, elle me fait part de son manque de confiance en elle, elle est persuadée qu’elle n’est pas capable de trouver un poste au même niveau. Je l’interroge sur son travail. Elle m’affirme sans hésiter qu’elle aime ce qu’elle fait et qu’elle rend un travail de qualité, elle avoue même être un peu perfectionniste.  A ma question sur la vision de ses pairs et de sa hiérarchie sur son travail, elle répond que ses compétences sont reconnues, elle a d’ailleurs reçu un mail de félicitations ainsi qu’une note A+ suite à un audit. Je lui demande pourquoi elle n’a pas postulé à un poste supérieur. Elle me répond qu’à chaque changement de supérieur hiérarchique, on le lui a promis, mais à chaque fois, au moment de pouvoir postuler, le manager en question partait et il lui fallait à nouveau « faire » ses preuves vis-à-vis du nouveau supérieur.

Irène ne manque pas de confiance en elle, contrairement à ce qu’elle pense, car elle « croit » en ses compétences et sait comment agir en toute situation. Elle est sûre de ses capacités et de ses valeurs pour reprendre l’expression de Daniel Goleman. Elle pense être une bonne professionnelle et même reconnue comme telle par ses pairs. En revanche, elle souffre d’un manque d’estime d’elle-même (notamment sur l’aspect « Vision de soi »). Le fait de ne pas avoir pu évoluer y contribue même si c’est en partie masqué par le fait que rester sur ce poste lui procurait un certain confort professionnel et des facilités d’organisation de sa vie privée, notamment pour s’occuper de ses enfants alors un moment dépendants d’elle. Elle en a retiré la croyance qu’elle n’était pas digne de changer de poste. Elle retient une image négative d’elle-même qui peut être renforcée par son éducation et par l’histoire vécue lors d’un précédent poste.

Néanmoins, elle manifeste inconsciemment aussi un déficit de confiance par rapport à l’entreprise : elle a cru qu’elle parviendrait à un poste supérieur. Et elle y a renoncé de facto, cela lui rappelant de façon imperceptible des situations antérieures personnelles dans lesquelles elle avait ancré un sentiment d’échec.   

L’étymologie du mot confiance nous renseigne d’ailleurs sur le sujet : « confier » provient du latin confidere  -  cum signifiant « avec » et  fidere « fier » - en lien avec le mot foi.  En d’autres termes, faire confiance reviendrait à remettre quelque chose de précieux à quelqu’un, en se fiant à lui et en s’abandonnant ainsi à sa bienveillance et à sa bonne foi. Irène avait confiance dans une promotion future, elle a perdu cette confiance, s’est résignée et cela a eu un effet collatéral sur son estime d’elle-même. 
Lors de nos entretiens, Irène a pris conscience qu’elle devait entreprendre un travail personnel régulier sur le sujet avec un psychologue ; ce qu’elle a fait avec beaucoup d’énergie.

En guise d’épilogue, 8 mois plus tard, elle m’a annoncé qu’elle commençait un nouveau travail à un poste supérieur, où elle était totalement autonome dans son domaine avec un niveau de rémunération plus élevé. Ses nouveaux employeurs ont « foi » en elle, elle n’est plus en période d’essai.

Bonne nouvelle ! Le manque de confiance ou d'estime de soi ne sont pas des fatalités, ils se travaillent, notamment à travers des thérapies courtes ou des séances de coaching avec des professionnels certifiés.

Un premier exercice simple à réaliser consiste à noter quotidiennement, de façon factuelle, avant de se coucher, 3 petites actions entreprises réussies ou les compliments ou remarques reçues par des tiers dans la journée. Cela permet de prendre du recul par rapport à soi et de les relire en période de baisse de moral pour se rebooster ! 

 (*) L'intelligence émotionnelle :  Daniel Goleman Intégrale Broché Edition, J’ai lu 2014 

 

 Isabelle LAcour

Isabelle Lacour, consultante en RPS pour Eutelmed,

coach certifiée, experte en management,

médiatrice en entreprise (adhérente active au RME réseau de médiateurs d’entreprise)

 

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