les émotions au travail

Les émotions au travail 

Mieux comprendre et gérer ses émotions au travail : une révolution gagnant-gagnant

Le projet sur lequel vous travaillez depuis 15 jours vient d’être annulé subitement. Un client vous insulte au téléphone. Votre patron furieux vous coupe la parole en pleine réunion et vous humilie devant tout le monde.

Autant de situations différentes qui mettent à mal votre résistance et votre patience.

A l’inverse un collègue vous offre un cadeau, vous apprenez une promotion que vous attendiez tant, vous recevez des compliments dans votre travail. Cela vous rend fier, heureux et vous met de bonne humeur.

« Les émotions sont une partie intégrante et inséparable de la vie organisationnelle de tous les jours. Depuis les moments d’anéantissement ou de joie, de peine ou de peur, jusqu’à la sensation permanente d’insatisfaction ou d’emprisonnement, l’expérience au travail est saturée de sentiments » (Ashforth et Humphrey).

Selon Dantzer, le terme « émotions » désigne globalement les sentiments que chacun peut reconnaitre en lui-même par introspection ou prêter aux autres par extrapolation.

Les émotions font partie de notre vie intérieure, elles sont biologiquement préprogrammées et inées. Paul Ekman, psychologue américain fut l’un des pionniers dans l’étude des émotions ayant identifié 6 émotions de base universelles qui sont la joie, la tristesse, la colère, le dégoût, la peur et la surprise.

Les émotions sont-elles utiles en milieu de travail ? Comment les reconnaitre et mieux les exprimer pour en faire des bons partenaires d’engagement et de motivation ?

 

« Soit fort et tais toi »

Les émotions ont souvent mauvaise presse dans le cadre professionnel. On ne sait pas toujours très bien comment se comporter, ni comment les interpréter. Mieux vaut parfois les taire ou les cacher par honte, orgueil ou impuissance. A l’inverse parfois elles s’expriment avec trop de brutalité ou de spontanéité pour affirmer une domination ou une autorité.

Quand un responsable d’équipe s’énerve et crie sur son équipe parce que les chiffres ne sont pas au rendez-vous certains mal à l’aise baisseront la tête, d’autres l’excuseront en pensant qu’il est passionné par son travail et qu’il cherche à mener son entreprise vers le succès.

Quand une femme se met en colère contre un collègue parce qu’il a du retard dans un projet, elle pourra être rapidement décrite comme susceptible et trop sensible.

Les émotions peuvent nous mettre à l’aise parce que nous les connaissons mal.

Difficile de faire autrement alors que nous portons des messages inhibants depuis notre plus tendre enfance « Si tu es un garçon tu ne dois pas pleurer ! » « Ne dis rien, serre les dents ».

En grandissant, nous avons plutôt appris à réprimer nos émotions, à ne pas en tenir compte voire même à les contrarier.

« Les émotions éprouvées ne correspondent pas toujours aux émotions préscrites » ( Aurélie Jeantet, sociologue). Par exemple, une hôtesse de l’air se doit d’afficher un sourire exemplaire et garder son calme malgré les plaintes ou les événements désagréables.

Un sourire ou une délicatesse trop affichés peuvent être mal interprétés. Un collaborateur ému aux larmes peut être perçu comme trop sensible.

Quelles soient instrumentalisées au nom du devoir, niées ou mal exprimées, les émotions mal gérées engendrent des conséquences néfastes dans les équipes et les entreprises.

Une colère chaude ou froide peut profondément blesser ou humilier et entrainer des relations tendues, des incompréhensions, une baisse de la productivité, un repli sur soi voire même une prise de risques réduite dans le travail. La froideur d’un patron peut susciter beaucoup de peur et de culpabilité chez ceux qui travaillent avec lui : peur ne pas être à la hauteur, de ne pas terminer à temps, d’atteindre ses résultats, d’être exclu du groupe, la peur d’être licencié, jugé ou critiqué et la liste est encore longue !

Dans le monde du travail plus rationnel, plus maitrisé c’est la performance qui est plus facilement mis en avant. Qui n’a pas déjà entendu un manager exprimer à son équipe « on ne va pas commencer à tout psychologiser sinon on n’avance pas ! » ou encore « les états d’âme des clients ne nous intéressent pas ! ».

Se couper de ses émotions ou les dénier finit par nous ronger et peut entrainer des conséquences graves physiques et psychologiques proche de la « désaffectivation ».

Un manager qui se blinde pour ne plus ressentir peut devenir insensible face à un salarié qui a peur. L’exemple le plus dramatique est celui de France Télécom dont le management par la peur a entrainé de nombreux suicides :

Un tournant sociologique

Les recherches récentes en neuro sciences ont montré que l’évitement ou le déni des émotions augmentent de manière significative – la souffrance au travail- l’épuisement- les conflits - les accidents – les arrêts de travail - le manque de motivation- l’agressivité etc…

Le stress et le mal être au travail sont devenus de réelles préoccupations au sein des organisations et les exemples de souffrance au travail sont nombreux.

A l’inverse, les sociologues ont démontré que les émotions positives sont contagieuses et favorisent l’engagement, le bien-être et la productivité au travail.

Fort heureusement depuis les années 80 une révolution émotionnelle s’opère en douceur dans les entreprises tant au niveau des managers que des salariés. On doit à Daniel Goldman le concept d’intelligence émotionnelle, en 1998, qui correspond à une autre façon de s’adresser aux autres et à nous-mêmes, à nous connecter à nos émotions, nous auto motiver, vaincre nos peurs… afin de mieux guider sa pensée et son action.

Un manager qui montre sa passion et sa motivation donne envie à ses équipes. L’attitude bienveillante d’une infirmière inspire confiance à son patient.

Le dialogue vrai et authentique permet de tisser des liens et d’améliorer les relations sociales.

S’il n’est plus à démontrer que les émotions sont non seulement indissociables de notre comportement mais qu’elles sont indispensables au bien-être comment mieux les utiliser et prendre soin de notre cerveau émotionnel ?

Les émotions pourquoi ?

Toutes les émotions sont utiles. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont au plus près de notre expérience intérieure et nous renseignent sur notre degré de satisfaction ou d’insatisfaction.

Comme un baromètre interne elles nous aident à sonder notre météo du moment : joie, colère, peur, tristesse, surprise, dégoût ont toutes leur place et un sens dans notre vie. Encourager ce qui nous fait du bien, éviter ce qui nous est désagréable et adapter nos comportements.

Nous ne pouvons contrôler nos émotions quand elles arrivent mais nous pouvons en revanche essayer d’ajuster la façon dont nous allons les exprimer face à nos interlocuteurs.

Apprendre à mieux vivre avec ses émotions et celles des autres consiste à changer notre relation à nos propres émotions. Etre au clair avec ce qui se passe en nous permet d’être plus en harmonie avec les autres.

Comment ?

  • Observer et en prenant conscience de ce que l’on ressent (colère, irritation, joie, gratitude…). Pauline s’est énervée avec un de ses collaborateurs de façon un peu abrupte mais comprend derrière son énervement que la peur est aussi présente. La prochaine fois, elle pourra reconnaitre cette peur et l’analyser un peu plus sereinement pour temporiser et moduler la discussion.
  • Accepter nos émotions sans les juger. Ressentir de la joie et de la fierté pour un travail bien fait entraine de la confiance en soi et donne du baume au cœur. En reconnaissant et en acceptant sans juger, il peut y avoir moins de pudeur à le partager avec les autres.
  • Identifier les pensées et les comportements associées à ces émotions. Derrière l’émotion, les pensées se bousculent (« je ne suis pas à la hauteur », « c’est toujours pareil avec lui, je ne le supporte plus »). Les pensées négatives peuvent accentuer nos ressentis. Avec des exercices cognitifs ou de pleine conscience on peut s’entrainer à noter toutes les pensées qui émergent et apprendre à s’en détacher.

Martine ne se trouve pas à la hauteur dans son management parce que les choses ne fonctionnent pas comme elle le souhaite. Et elle se répète en boucle qu’elle n’est pas bonne, que quoi qu’elle fasse ça ne marche pas... En thérapie et en coaching la prise de conscience de ses pensées permet de sortir du mécanisme de la généralisation ou du catastrophisme et de replacer l’évènement dans un contexte très spécifique et réel. Elle permet aussi de mieux orienter vers la prise de décision et la résolution de problèmes.

  • Ajuster la façon dont on les exprime en fonction de son interlocuteur, en harmonisant les ressentis, le langage et l’expression du visage qui trahit souvent les émotions ; « je me sens frustrée car j’avais décidé de terminer ce projet aujourd’hui et je n’ai pas été prévenue de ton retard. Ça fait plus de 15 jours que j’attends tes commentaires. Je suis en colère et triste car j’ai le sentiment de perdre mon temps et de ne pas être respecté dans ce que je te demande ».
  • Puis enfin, encourager les émotions positives et celles de l’entourage. « La première vérité sur nos émotions positives c’est qu’elle nous ouvre nos cœurs et esprits nous rendant plus réceptifs et plus créatifs » (Barbara Frederickson, professeur de psychologie).

Bien comprises et digérées, les émotions nous permettent ainsi de mieux cerner nos besoins, d’éclairer notre jugement, de prendre des bonnes décisions, d’enrichir nos relations, de favoriser le bien-être et la confiance en soi.

Apprendre à gérer ses émotions passe aussi par une prise de conscience du corps en maitrisant la respiration et certaines techniques de gestion du stress.

Véritable défi, l’apprentissage émotionnel devrait au cœur de toutes les cultures d’entreprise pour encourager le respect, l’honnêteté, le mieux-être et l’engagement vers un but commun.

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Albane Giacon

Psychologue-psychothérapeute, spécialiste du bien être et du changement ayant vécu à l'étranger, j'ai une expérience de plus de 20 ans en accompagnement émotionnel et comportemental auprès d'adultes et d'adolescents. Je vous accompagne avec douceur et expertise dans votre vie personnelle, scolaire et professionnelle : 

-anxiété/stress/burnout/dépression/santé psychologique au travail/crises/conflits/doutes...)

 

 

 


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